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Les fondements religieux du conflit israélo-arabe

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La question palestinienne est sans doute l’un des conflits politiques internationaux les plus anciens de notre génération.
Toutefois, il ne s’agit pas d’un conflit territorial classique dans la mesure où la dimension religieuse y occupe une place centrale.
En effet, les religieux sionistes considèrent la Palestine comme leur patrie ancestrale et la revendique comme telle.
Bien que les fondateurs de l’État sioniste soit agnostiques et qu’au départ, leurs motivations étaient principalement politiques, les religieux sionistes le voient d’un autre œil et considèrent des Théodore Herzl, David Ben Gourion, Moshe Dayan et autres leaders sionistes non-religieux comme des instruments manipulés par Hachem (le nom de Dieu dans la religion juive) pour accomplir le retour du peuple d’Israël sur sa terre, faire shiv’ah (repentance), reconstruire le temple et préparer la venue du Machia’h (le Messie Juif) chargé de délivrer les fils de Yacob de leurs oppresseurs étrangers et enfin régner sur le monde en appliquant la halakha, la loi juive.
Un événement majeur s’est produit ces dernières semaines : la reconnaissance par l’administration Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël et par la même occasion l’ouverture de l’ambassade américaine sur place.
Pour les religieux sionistes, cet événement constitue le début d’une nouvelle ère. Il intervient le dernier jour du mois de Iyar. Selon la tradition juive, la délivrance s’effectuera en deux temps : le retour physique sur la terre promise symbolisé par Machia’h Ben Yosef qui selon les exégètes signifie la construction politique, économique, sociale et militaire de l’État après deux mille ans d’exil. A cette étape succédera l’ère Machia’h Ben David qui symbolise la construction de l’âme de l’État juif. Autrement dit, la laïcité actuelle représentant le caractère physique de l’État d’Israël disparaitra pour céder la place à l’hégémonie de la loi juive comme seule source d’organisation politique.
Selon la tradition juive, le terme iyar est composé des initiales I Y A R : I pour Isaac, Y pour Yacob, A pour Abraham, et R pour Rachel, quatre personnages centraux de la tradition juive correspondant au début et à la fin du processus.
Ainsi, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État juif par les États-Unis signifie pour les orthodoxes juifs que l’ère Machia’h Ben Yosef a été accomplie et que l’ère Machia’h Ben David est en marche pour la reconstruction du troisième temple.
Selon les rabbins, c’est le Sar d’Essav (l’ange qui combattit Yacob jusqu’au levée du jour et dont le représentant actuel sur terre est Donald Trump, l’homme le plus puissant de la civilisation essavique) qui donnera le nom d’Israël à l’État juif et reconnaitra Jérusalem comme capitale.
Autre élément troublant. L’endroit où se tient l’ambassade des États-Unis à Jérusalem donne droit sur le Mont du Temple. Autrement dit, les juifs n’ont plus d’yeux que pour l’époque Machia’h Ben David symbolisant la construction du troisième temple. Ne nous étonnons pas si dans les prochaines années, les israéliens décident de détruire la mosquée Al Aqsa pour y construire leur édifice messianique.
Même si les rabbins s’étonnent qu’un personnage fou furieux comme Donald Trump trainant autant de casseroles derrière lui ait été choisi pour agir dans les intérêts d’Israël, ils se consolent dans une sagesse hébraïque disant en gros « le Machia’h viendra lorsque l’intelligence cessera ». Autrement dit, pour les religieux sionistes, ce sont des fous atypiques à l’establishment comme Donald Trump qui agissent pour le bien être de l’humanité !
Dans les textes du Midrash, il est écrit également que le dernier grand combat de Machia’h Ben David sera contre Paras (l’Iran actuel) ce qui déclenchera la grande guerre de Gog et Magog.
De sombres perspectives s’annoncent donc pour le monde arabo-musulman, ou les descendants d’Ismaël, comme les désignent la Torah. Néanmoins, la tradition islamique regorge également de prophéties annonçant la guerre finale contre les juifs et la fin des temps, où le Messie ismaélite sortira vainqueur.
Ainsi, il est naïf de penser qu’il s’agit d’un conflit temporel commandé par les règles classiques de la guerre. Présenté de cette manière, on comprend mieux l’influence des croyances sionistes sur les politiques internationales liées à ce conflit. Espérons alors de nous trouver du bon côté de la barrière lorsque tout ça éclatera !

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