Monde

« Transaction du siècle » : Le roi Abdallah II paye le prix de son refus

Partager cet article

Entre l’ébullition de la rue et ses alliés qui l’abandonnent, la Jordanie se trouve bien seule aujourd’hui. Les manifestants protestent contre la loi de l’impôt sur le revenu, demandent l’éviction du gouvernent et la dissolution du parlement.

En Jordanie, le gouvernement et le citoyen sont dans la même situation. Les deux ont les poches vides et les jordaniens sont mécontents que leur gouvernement s’en prenne à leurs maigres économies pour régler la crise.

Le gouvernement ne s’est pas limité à augmenté les prix des produits de base mais il veut s’attaquer aux revenus des citoyens modestes en adoptant la loi de l’impôt sur le revenu qu’il a présenté au Parlement afin de l’approuver. Tout ceci se déroule dans un pays ou le chômage et la pauvreté affectent près de 20% de la population.

Ce n’est un secret pour personne que le Jordanie fait partie des économies arabes qui dépendent des subventions et des aides étrangères. Les États-Unis est le plus grand donateur avec 1 milliard 200 millions de dollars par an entre soutien militaire et financement des équilibres macro-économiques. La Jordanie bénéficie également de larges subventions provenant des pays du Golfe.

Certains observateurs pensent que les pays du Golfe viennent d’abandonner la Jordanie pour la punir de son retrait de l’axe stratégique États-Unis/Arabie Saoudite/Israël concernant la question palestinienne.

Lorsque le Jordanie s’est opposée à « la transaction du siècle » et au plan américain visant Al Qods, ses alliés ont cessé de lui accorder des aides et autres subventions.

Le président Donald Trump a annoncé la suspension des subventions aux pays qui voteraient à l’Assemblée générale de l’ONU une résolution condamnant la décision de judaïsation de Jérusalem occupée. Il est vrai que Washington n’a pas cessé de fournir ses aides à Aman mais l’administration Trump à rejeter le demande jordanienne d’augmenter ces subventions.

Les positions de la Jordanie qui exerce la tutelle sur les lieux sacrés de Jérusalem a provoqué le mécontentement des pays du Golfe. Les jordaniens parlent d’un désaccord officieux et permanent entre leur gouvernement et l’Arabie Saoudite. Le Prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane (MBS) en sa qualité de promoteur de « la transaction du siècle » dans la région n’a pas apprécié le rejet jordanien de l’offre américaine, considérée par Aman comme une solution de la question palestinienne au  détriment de la sécurité de le Jordanie à travers le plan de Confédération entre la Cisjordanie et la Jordanie, la négation du droit au retour pour des millions  de palestiniens et leur installation en Jordanie comme patrie alternative. L’Arabie Saoudite a gelé le transfert d’une aide de 250 millions de dollars pour sanctionner le roi jordanien pour sa position contre de la volonté de MBS qui s’est excusé de son absence au Sommet de l’Organisation de la coopération islamique qui s’est tenu à Istambul sur la question d’Al Qods.

Le journal israélien Yediot Aharonot parle du rôle indirect joué par l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Egypte, Israël et les Etats-Unis dans l’alimentation des récentes contestations populaires en Jordanie, ce qui permet de comprendre les propos d’un diplomate jordanien : « la Jordanie semble être un pays sans alliés après avoir été abandonnée par ses alliés traditionnels qui commencent à se restreindre »

Jusqu’à quand les alliés de Aman continueront cette politique ? La Jordanie est le seul territoire stable dans une région profondément en crise et qui a longtemps constitué un rempart de protection pour les pays du Golfe et spécialement l’Arabie Saoudite contre les effets des crises dans la région. Entre les deux, quelle sera la solution la plus coûteuse pour les alliés de la Jordanie ? Le sauvetage de l’écroulement de l’économie jordanienne ou la facture de sa déstabilisation ?

Partager cet article

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.