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Un hebdomadaire français salue la stratégie antiterroriste du Maroc

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L’hebdomadaire français «Valeurs actuelles» a publié dans son dernier numéro un dossier sur la stratégie antiterroriste du Maroc, illustrant la double dimension de cette feuille de route basée sur les aspects religieux et sécuritaires.

La stratégie antiterroriste du Maroc commence par la lutte quotidienne contre les idées extrémistes et l’anticipation de tout acte terroriste à travers le déploiement d’un arsenal de sécurité désormais cité comme exemple à suivre, même dans le monde occidental, écrit l’hebdomadaire.

Preuve que cette stratégie porte ses fruits, l’hebdomadaire note qu’il n’y a pas eu d’attentats terroristes au Maroc depuis 2011, lorsque le café Argana à Marrakech a été pris pour cible par un terroriste. Il a rappelé que depuis mars 2015, le Maroc avait démantelé plus de 53 cellules terroristes et arrêté 815 personnes, dont 100 retournaient chez eux après avoir combattu dans les rangs de l’Etat islamique (87 de Syrie, 13 de Libye).

Le Maroc n’a pas été déstabilisé par le printemps arabe qui a balayé ses voisins et empêché l’avancée de l’islam radical et de nouvelles attaques, indique le magazine.

Pourtant, l’élément essentiel de cette lutte quotidienne contre la menace terroriste est le renseignement, note «Valeurs actuelles», ajoutant que tout l’appareil de sécurité marocain a été transformé.Immédiatement après l’attaque de Marrakech, des réformes ont conféré les pouvoirs d’officier de police judiciaire à tous les fonctionnaires de la Direction générale de la surveillance territoriale (DGST), dirigée par Abdellatif Hammouchi.

L’hebdomadaire, qui qualifie Hammouchi de « brillant », rappelle qu’il a été nommé à ce poste à l’âge de 39 ans et que ce spécialiste de l’islam radical a entrepris « une grande opération de nettoyage » et une refonte de son département. « Il ouvre les portes, forme, modernise, fait venir des délégations étrangères et signe des partenariats avec de grandes agences européennes et américaines ».

L’hebdomadaire attribue également les résultats positifs de la politique antiterroriste du Maroc à l’anticipation adoptée par le BCIJ (Le Bureau Central d’Investigation Judiciaire), une unité d’élite composée de 400 enquêteurs et de 700 policiers, appelée le FBI marocain.

Le chef de BCIJ Abdelhak Khiame a déclaré à l’hebdomadaire que son département s’appuie sur le service de renseignement interne, la DGST, qui donne des conseils au BCIJ avant que les cellules terroristes entrent en action.

Tout est décloisonné et ouvert, a-t-il expliqué, ajoutant que les informations provenant du terrain sont recoupées avec des analyses ou des informations partagées, y compris avec d’autres pays. Du plus proche au plus éloigné, il est possible de neutraliser les terroristes potentiels, a-t-il dit.

La lutte contre les idées extrémistes est une autre arme utilisée par le Maroc dans ses efforts de lutte contre le terrorisme, où la formation des imams occupe une place prépondérante, souligne l’hebdomadaire. Les imams sont formés à l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams, basé à Rabat, qui a été érigé en 2015 pour un investissement de 22 millions d’euros.

Les étudiants, y compris les femmes qui vont servir de mourchidate (conseillères religieuses), suivent trente heures de cours par semaine, de la charia aux sciences humaines ou à la communication, pratique sportive obligatoire … Le modèle séduit. « La Guinée, le Tchad, le Nigeria, le Gabon, la Gambie, le Sénégal et même … la France envoient chaque année des jeunes à l’Institut« , a déclaré l’hebdomadaire français, soulignant que le salafisme radical n’est pas autorisé dans les 50 000 mosquées du Royaume.

L’hebdomadaire a également mentionné la Rabita Mohammedia des Oulémas, qui est devenue, selon la publication, « un véritable laboratoire d’idées et une agence diffusant des idées modérées ». Il héberge 36 sites web, jeux vidéo en ligne et distribue des centaines de milliers de bandes dessinées destinées à contrer les discours religieux extrémistes, principalement celui de l’État islamique. Des dizaines de psychologues et d’ingénieurs ont conçu ces programmes soigneusement et avec précision pour déconstruire le mécanisme de la radicalisation, a noté l’hebdomadaire, ajoutant que ces experts interviennent également dans les prisons pour pousser les détenus extrémistes et terroristes à reconsidérer leur opinion sur le djihad.

L’hebdomadaire a salué le succès du Maroc dans la réforme du cadre religieux et l’amélioration de son système antiterroriste, suggérant que la France devrait s’inspirer de ce modèle.

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