Monde

L’axe Rabat Doha: une résistance à l’hégémonie saoudienne

Partager cet article

Le vote de certains pays arabes contre Morocco 2026, aura des répercussions politiques certaines sur les relations entre le Maroc et les pays du Golfe qui ont voté contre la candidature du Maroc. En effet, la réaction des responsables marocains ne s’est pas fait attendre immédiatement après l’annonce des résultats du vote de la FIFA, dans le sens du renforcement de l’axe Rabat-Doha. Le Qatar était l’unique monarchie du Golfe à soutenir la candidature du Maroc pour l’organisation de la Coupe du monde 2026.

L’axe Rabat-Doha: une nécessité pour la stabilité dans la région.

Mercredi dernier, le Congrès de la Fédération Internationale de Football (FIFA) a désigné l’organiseur de  l’événement footballistique le plus populaire au monde en  2026. Lors du vote, le dossier marocain n’a recueilli que 65 voix, contre 134 pour le dossier nord-américain. Sept pays arabes – l’Arabie saoudite, le Liban, la Jordanie, l’Irak, les Émirats Arabes Unis, le Koweït et le Bahreïn – ont voté en faveur du dossier nord-américain; tandis que 14 autres pays arabes ont voté pour la candidature du Maroc, à savoir l’Algérie, l’Egypte, la Libye, Oman, la Palestine, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Qatar, le Yémen, la Mauritanie, Djibouti, la Somalie et aux Comores.

Rabat rendra la pareille.

Le Maroc, malgré ses problèmes internes, reste fier de son Histoire et de ses réalisations sur la scène internationale, notamment sur le continent africain. Il ne manquera pas d’exprimer son indignation face à l’attitude hautaine et provocatrice de l’Arabie Saoudite, chef de file de la campagne contre Morocco 2026.

La première réaction du Maroc fut la décision prise par le ministère de la Culture et de la communication d’annuler  sa participation à une réunion de l’Alliance pour le soutien de la légitimité au Yémen, menée par le régime saoudien. Le sport et la culture constituant des piliers majeurs de la politique extérieure du Maroc, Rabat ne pouvait tolérer l’action déployée par Riad contre sa candidature pour l’organisation d’un événement mondial aussi important que le Coupe du Monde, avec toutes les opportunités économiques et sociales que le Maroc pouvait en tirer.

Par conséquent, il ne faut pas s’étonner si Rabat décide à l’avenir de résister  au leadership saoudien sur ses zones de confort. notamment en Afrique dans les domaines sportif, culturel mais aussi diplomatique. Ce serait de bonne guerre, car le vote des seigneurs du Golfe contre Morocco 2026 constitue un acte éminemment politique, surtout dans une conjoncture internationale où les gouvernants saoudiens et émiriens tentent de soumettre les Etats de la région à leur vision pro-américaine dans le Moyen-Orient, notamment appuyer le soutien inconditionnel des Etats-unis à la politique expansionniste d’Israël. Le président américain Donald trump avait récemment tweeté: « : «Les États-Unis ont présenté un projet solide avec le Canada et le Mexique pour la Coupe du monde 2026». « Il serait dommage que les pays que nous soutenons en toutes circonstances boycottent le dossier américain. Pourquoi devrions-nous soutenir ces pays s’ils ne nous soutiennent pas? » Une menace qui s’apparente plutôt à une promesse de guerre.

Qu’à cela ne tienne. Le gouvernement marocain a déclaré à travers son porte parole Mustapha El Khalfi: « pour nous, c’est regrettable, mais nous continuerons à travailler et regarder vers l’avenir », faisant allusion aux instructions du roi Mohammed VI pour préparer la candidature du Maroc à l’organisation de la Coupe du monde en 2030.

Convergence des intérêts du Maroc et du Qatar

Le blocus contre le Qatar combiné aux intérêts du Maroc renforce les relations entre Rabat et Doha, spécialement après le vote du Qatar en faveur de la candidature du Maroc pour l’organisation de la Coupe du Monde 2026. Une décision sportive sur fond politique corroborée par l’entretien téléphonique entre le roi Mohammed VI et l’émir banni du Golfe Tamim Ben Hamad, pour le remercier du geste de son pays en faveur de Morocco 2026.

Certains soutiennent que le conflit entre l’Arabie Saoudite et le Qatar fait le lit des intérêts américano-sionistes, aidé en cela par les autres monarchies du golfe, dans le sens de la dislocation de la solidarité arabe contre Israël. D’autres au contraire, pensent que le rapprochement entre le Maroc et le Qatar tend à rééquilibrer les influences diplomatiques dans la région du Moyen-Orient. Pour le Maroc, il s’agit d’un retour salvateur à la sagesse hassanienne dans la gestion mesurée du conflit arabo-israélien.

Quoi qu’il en soit, nous vivons une époque où les codes diplomatiques ont changé. Le temps où les gouvernements arabes, affaiblis par la puissance étrangère étaient soumis à la réalité du rapport de force diplomatique et militaire est révolu. Aujourd’hui, les gouvernants du Maroc et du Qatar ont compris qu’ils étaient soutenus par les peuples de la région contre l’hégémonie du pétrodollar et de la coopération internationale à sens unique.

 

Partager cet article

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.