Droits humains

Le Sénat français décore Archane soupçonné de torture sous Hassan II

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Mahmoud Archane

Mahmoud Archane recevant la décoration du Cristian Cambon.

Plusieurs ONG de défense des droits de l’homme marocaines, françaises, maghrébines ainsi que des associations de différentes nationalités, ont adressé une lettre au Président du Sénat français, dénonçant l’hommage rendu par l’un de ses membres au commissaire de police marocain Mahmoud Archane, impliqué dans des atteintes graves aux droits de l’homme au Maroc durant les années de plomb.

La lettre publiée le 15 juin dans son intégralité par le journal l’Humanité, a été signée par de nombreuses ONG de défense des droits de l’homme de France, du Maroc, de Mauritanie et de Tunisie. D’autres personnalités de différentes nationalités, des écrivains et des journalistes, y compris d’anciens détenus ont également signé le document.

Le sénateur Cristian Cambon (Les Républicains), président du Groupe d’Amitié France-Maroc et président de la Commission des Affaires Etrangères, de la défense et des Forces armées au Sénat, a remis le 14 avril dernier une médaille à Mahmoud Archane « au nom du Sénat  français ».

Un extrait de la lettre publiée par l’Humanité mentionne:

« Nous, organisations des droits humains et démocrates signataires, considérons que la remise de cette médaille à un tortionnaire déshonore le Sénat et qu’il vous revient, Monsieur le président, de réparer et d’effacer cette offense faite à cette institution et à toutes les victimes de Mahmoud Archane, responsable de traitements cruels, dégradants et inhumains. »

L’ancien commissaire de police Mahmoud Archane est considéré comme l’un des principaux tortionnaires du sinistre centre de détention « Derb Moulay Chrif » à Casablanca. Le nom d’Archane figure parmi les personnes les plus impliqués dans les violations graves des droits de l’homme qu’a connues le Maroc durant les années de plomb. Il est notamment accusé d’avoir torturé des opposants au régime de Hassan II, dont certains encore vivants témoignent des faits. Depuis 2001, le nom du commissaire figure sur la liste des tortionnaires établie de l’Association des Droits Humains (AMDH) qui demande de le juger pour répondre des crimes dont il est accusé.

Durant l’année 1996, Archane a créé un parti politique avec le soutien de l’ex ministre de l’Intérieur Driss Basri. Depuis, il n’a jamais quitté le parlement marocain et a transmis la présidence de son parti à son fils qui siège également au Parlement marocain.

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