Droits humains

Ayouch réagit à l’interdiction de sa conférence sur la liberté de conscience

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Noureddine Ayouch

Noureddine Ayouch

Le président du Collectif Démocratie et Libertés (CDL), Noureddine Ayouch a déclaré que la conférence ayant pour thème « les libertés individuelles dans l’Etat de droit » est toujours programmée. « Nous comptons l’organiser les 22 et 23 juin prochains », a-t-il précisé.

Dans un premier temps, la Fondation Al Saoud avait refusé d’accueillir la conférence. Les organisateurs ont alors tenté d’organiser l’activité à l’hôtel Idou Anfa de Casablanca, qui à son tour a refusé d’abriter l’événement. A ce propos, Ayouch a déclaré: « on avisera le moment venu. Il existe d’autres endroits ». Interrogé par la presse sur l’origine des résistances à l’organisation d’une telle conférence, Ayouch a répondu: « je ne sais pas, mais si vous connaissez la personne responsable, prévenez moi que je la savonne ! Je ne connais pas cette personne et ses motivations derrière tout ça ».

De son côté, le ministre des Droits de l’Homme, Mustapha Ramid a déclaré que « les citoyens ont le droit de discuter de tous les sujets et personne ne peut s’y opposer. Cependant les gens doivent comprendre que la Constitution qui a encadré la liberté d’expression a égalent fixé des lignes rouges dont l’islam fait partie ». Ramid a également rappelé que « tout débat sur l’Islam ou d’autres sujets sensibles qui suscitent l’intérêt des citoyens et risquent d’engendrer des réactions hétérogènes doivent être abordés avec responsabilité loin de tout sensationnalisme dont nous ont habitué certains défenseurs des libertés individuelles ».

A ce sujet, Ayouch a répondu qu’il respectait le point de vue du ministre. « Le respect doit-être réciproque », a-t-il précisé. Ayouch rappelle que le CDL a travaillé sur la question depuis plusieurs années en élaborant un Manifeste pour la consécration des libertés individuelles et la liberté de conscience au Maroc. Interrogé sur les risques de représailles dont pourraient faire l’objet les participants à la conférence, Ayouch s’est dit prêt à « endosser la responsabilité », rappelant que des minorités religieuses s’étaient réunies à Rabat auparavant sans provoquer d’incident. Par ailleurs, Ayouch a rappelé que les organisateurs ont adressé une demande d’autorisation aux autorités pour leur permettre la tenue de l’activité. A ce propos, Ayouch a déclaré: « nous avons adressé notre demande depuis plus de 48h, donc nous avons le droit de faire ce qu’on veut, à moins qu’ils ne changent d’avis ».

Le suspens n’aura pas duré longtemps car les autorités n’ont pas tardé à annuler le colloque, contraignant les organisateurs à annoncer l’annulation de l’événement dans un communiqué posté sur Twitter.

 

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