Politique

Jamai et la responsabilité des partis dans la répression du 20 juin 1981

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Khalid Jamai

Khalid Jamai, journaliste et écrivain marocain

Le journaliste et analyste politique Khalid Jamai revient sur la répression du 20 juin 1981 et rappelle que l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri n’était pas seul responsable de la tragédie, faisant allusion aux partis politiques, dont certains toujours en exercice, endossent une part de responsabilité.

Dans une déclaration à la presse, Khalid Jamai souligne que les marocains font le lien entre les événements du 20 juin 1981 et les propos cyniques (« chouhada koumira » (martyrs de la baguette)) de Driss Basri à l’époque pour désigner les manifestants tombés sous les balles des forces de l’ordre. Toutefois, le journaliste fait remarquer que Basri était membre d’un gouvernement composé de plusieurs partis politiques, eux aussi responsables de la tragédie.

Jamai fait référence au parti de l’Istiqlal représenté autrefois par Mhamed Boucetta et Mohammed Douiri, le Mouvement Populaire avec Mahjoubi Aherdane, le RNI avec Abdelmalek Raghay alors ministre des Finances chargé d’appliquer le Plan d’Ajustement Structurel (PAS) imposé par le FMI et qui provoqué la hausse des prix des produits alimentaires de base et partant, l’appel à la grève nationale dont les habitants de Casablanca, Ksar kbir et Berkane ont payé le prix fort.

37 ans après les événements, Jamai souligne qu’aucune personnalité des partis susvisés n’a présenté des excuses au peuple marocain pour leur silence durant la répression, d’autant que plusieurs de ces partis se trouvent toujours au gouvernement et continuent de gérer la chose publique. Pour Jamai, il est temps que ces partis fassent leur « autocritique » pour avouer enfin leurs fautes et s’excuser auprès des Marocains.

Pour conclure, Jamai a remarqué que les événements de 1981 ont démontré l’incapacité des partis politiques marocains à encadrer la population en cas de révolte, laissant ainsi les manifestants livrés à la répression des forces de l’ordre en cas de débordement.

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