justice

Dernières évolutions du procès Bouachrine

Partager cet article

 Taoufik Bouachrine

Le journaliste Taoufik Bouachrine, directeur du quotidien Akhbar Alyaoum

Le procès du journaliste Taoufik Bouachrine accusé d’agressions sexuelles, se poursuit à huit clos. Lors de la dernière audience, une nouvelle témoin a nié avoir été victime d’agression et a déclaré qu’elle n’était pas concernée par la vidéo projetée par le tribunal qui accuse Bouachrine de l’avoir filmée au moment du viol présumé.

Bouachrine (49 ans) a été arrêté à Casablanca le 23 février dernier au siège du journal Akhbar Alyaoum  qu’il dirige, suite à des plaintes pour agressions sexuelles déposées contre lui par deux femmes.  Il est accusé de traite d’êtres humains, d’exploitation sexuelle, d’attentat à la pudeur avec violence, de viol et de tentative de viol, de harcèlement sexuel, et d’usage de moyens de tournage et d’enregistrement », au moment où l’affaire est qualifié de « procès du siècle » au Maroc.

Depuis plusieurs semaines, le tribunal projette à huit clos des extraits de 50 vidéos que le parquet déclare avoir saisi au bureau de Bouachrine au moment de son arrestation et qui constituent des preuves à charge. En revanche, lui déclare qu’elles sont « truquées » considérant que son procès est « politique ».

La journaliste Maria Moukrim (42 ans) entendue par le tribunal a déclaré: « je n’ai déposé aucune plainte contre Bouachrine et j’ai confirmé au juge mes déclarations à la police: ce n’est pas moi qui apparaît dans la vidéo et je n’ai pas pu identifier la personne dessus s’il s’agit de Bouachrine ou pas ».

Jusqu’à présent, cinq plaignantes entendues par le juge ont confirmé avoir subi des agressions sexuelles. Trois d’entre elles apparaissent dans des vidéos projetées à huit clos comprenant des « extraits atroces » et « des tentatives de viol », selon le témoignage d’un avocat des plaignantes.

En revanche, quatre femmes dont les noms figurent sur une liste de 15 victimes présumées nient avoir subi une quelconque agression. Elles ont été entendues en qualité de témoins et trois d’entre elles ont été convoquées de force sur ordre du tribunal.

Une cinquième témoin, également convoquée de force reconnait avoir entretenu une relation consentante avec l’accusé mais s’est constituée en partie civile se plaignant d’avoir été filmée après avoir vu l’enregistrement projeté par le tribunal dans une audience précédente.

Le conseil des parties civiles, Mohammed Karout a déclaré: « pour nous, il ne fait aucun doute que c’est Bouachrine qui apparaît dans les vidéos et  c’est lui qui les a filmé ». Et de préciser: « nous avons demandé une expertise technique sur les vidéos, non pas que nous doutions de leur authenticité mais uniquement pour clarifier les choses une bonne fois pour toute ».

Recours

La cour a rejeté les recours déposés par la défense de Bouachrine contre l’authenticité des vidéos et une partie de la défense s’est retirée du procès à cause de l »absence de garanties pour un procès équitable« .

Selon plusieurs sources concordantes, il est prévu que le procès se poursuive par l’audition de quatre nouvelles femmes présumées apparaître dans d’autres extraits de vidéos saisies. Par la suite, il est attendu que le juge statue à propos des requêtes présentées par le parquet et la défense des cinq plaignantes pour soumettre les vidéos à un contrôle technique.

Rappelons que la Cour avait auparavant décidé de poursuivre son travail à huit clos, suite à une requête présentée par la défense de la partie civile, interdisant ainsi aux observateurs externes d’assister aux audiences du procès.

Partager cet article

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.