Société

Jamai et le procès Hirak: « les sécuritaires ont porté préjudice à la monarchie ».

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Khalid Jamai

Khalid Jamai, journaliste et écrivain, au micro du site Achkayen

Dans un entretien accordé au site Achkayen, le journaliste et écrivain Khalid Jamai a commenté les sentences prononcées contre les activistes du Hirak du Rif, mettant le doigt sur la responsabilité des sécuritaires et des partis politiques.

Khalid Jamai s’attendait aux sentences prononcées contre les détenus du Hirak du Rif en qualifiant leur procès d’inéquitable.

Selon Jamai, les sentences traduisent « la panique » des sécuritaires qui ont commis une « erreur irréparable » opposant ainsi « la majorité du peuple marocain au pouvoir en place ». Et d’ajouter: « les sécuritaires ne peuvent plus faire marche arrière car se serait interprété comme un aveu de faiblesse, c’est pour quoi la seule solution qui leur reste est l’escalade ».

Le journaliste demeure pessimiste quant à la révision des peines en appel considérant que le roi Mohammed VI doit reconnaître l’erreur judiciaire et intervenir pour la corriger comme il l’avait fait en 2005 pour les procès antiterroristes succédant les attentats du 16 mai 2003.

Par ailleurs, Jamai souligne le caractère préjudiciable du procès du Rif pour l’image du Maroc à l’étranger.

« Les sécuritaires ont perdu la raison ».

« Ces sentences confirment ce qu’on disait depuis des années, à savoir que la justice marocaine n’a jamais été indépendante« .

« Zefzafi et ses camarades doivent comprendre que les sentences prononcées à leur encontre sont adressées à l’ensemble des Marocains et confirment la logique du plus fort avec laquelle les sécuritaires tiennent le pays ».

Selon Jamai, ces sentences qui interviennent dans un contexte de protestation générale « jettent de l’huile sur le feu ». « Ceux qui ont pris cette décision ont ouvert les portes de l’enfer dans ce pays ».

Le journaliste a qualifié de « fuite en avant » la décision des sécuritaires, dans un contexte marqué par de nombreux mouvements de protestation sociale et des procès contre des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme.

Les partis du gouvernement sont aussi responsables.

D’un autre côté, Khalid Jamai pointe du doigt la responsabilité du gouvernement après sa déclaration soutenant  l’indépendance de la justice au Maroc.

Selon Jamai, les événement ont démontré « la fébrilité du gouvernement » à travers des prises de positions contradictoires émanant des différentes composantes de la majorité gouvernementale ».

Le journaliste rappelle que « les partis politiques du gouvernement sont à l’origine du problème après avoir accusé les activistes du Hirak de séparatisme, avant de se rétracter.

Des dégâts collatéraux disproportionnés

Interrogé sur les déclarations d’un avocat des forces de l’ordre ayant subi des préjudices lors des événements d’Al Hoceima et évoquant « la clémence » des sentences, Jamai considère que la Justice aurait du prendre en compte également les préjudices causés par ces mêmes forces de l’ordre, faisant allusion aux violations de domiciles et autres atteintes graves au droit de l’Homme.

Toutefois, Jamai demeure optimiste quant au renforcement de l’unité du peuple marocain dans l’ensemble des régions du pays, faisant référence aux différentes manifestations de solidarité à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc qui ont suivi le prononcé du jugement. « Les marocains ont compris aujourd’hui que la matraque du makhzen ne fait pas de différence entre rifains, amazighs et arabes » a conclu le journaliste.

 

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